| Interview |
«Depuis l’enfance, la mer fait partie de moi»
Après Au Nom de la Mer en 1995, vous publiez un second livre. Qu’est-ce qui vous a poussé à reprendre la plume ?
Lorsque j’ai écrit mon premier livre, j’étais animé par la volonté d'alerter les gens sur l’importance de la mer et l’apparition de la vie : j’annonçais déjà les risques de voir l’océan se transformer en un Sahara marin, préfigurant la disparition d'un grand nombre d'espèces à travers les témoignages de nombreux experts…
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Treize ans plus tard, j’ai été poussé à entreprendre ce second livre après que ma vie ait été traversée par des événements dramatiques. D’abord, j’ai été victime d’un accident cardiaque en 2003. Cela m’a profondément marqué. Ce n’était pas la première fois que je frôlais la mort, mais comme je m’en suis toujours sorti, je me croyais presque éternel. Cet arrêt cardiaque m’a montré mes limites : on se croit un roc mais, en réalité, on est fragile…
Et puis, j’ai brutalement perdu un grand ami en la personne de Loïc Leferme, le célèbre plongeur apnéiste que je considère, non pas comme un frère de sang, mais comme un frère d’océan, à jamais. Ces épreuves m’ont conduit à regarder différemment ce qui fait l’essentiel de ma vie : les personnes que j’aime et la mer. Comme je pensais l’être moi-même il y a encore quelques années, l’espèce humaine se croit intouchable.
Le livre que j'ai écrit avec la complicité de la journaliste Françoise Simpère, est une forme d’appel à une prise de conscience. Je suis convaincu aujourd’hui qu’il nous faut vivre autrement si nous voulons continuer à bénéficier des bienfaits de notre planète : nous devons faire notre deuil de l’illusion que la Terre est inépuisable et que la croissance économique est synonyme de bonheur…
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Votre livre témoigne d’un attachement très fort à la mer.
Depuis quelle époque entretenez-vous ce lien à l’océan ?
Depuis l’enfance, la mer fait partie de moi. J’ai eu très tôt la conviction qu’elle est notre source de vie essentielle : un ballon d’oxygène pour une planète étouffée par les pollutions et un lieu de ressourcement où s’expriment des valeurs fondamentales. Poisson, ascendant Poisson, je suis un OVNI aquatique dans une famille de Bélier ! Dès l’âge de 5 ou 6 ans, mon grand-père maternel m’emmenait pêcher. Sur les rivières, j’aimais le silence de l’aube, lorsqu’on ressent intensément le moindre mouvement de la nature. Je me sentais en totale sécurité dans ce calme, en harmonie avec les éléments. Mon grand-père me faisait partager énormément de choses. Il lui arrivait aussi de m’emmener en mer. Certaines nuits, la surface de l’eau étincelait : c’était la saison où le plancton se reproduit et peut s’étendre sur des hectares. Je me souviens de mon émerveillement devant cette brillance magique. On m’expliquait que le plancton, constitué d’organismes et d’algues microscopiques, était la nourriture des énormes baleines. Cela me fascinait que des éléments aussi petits puissent être nourrissants. Des années plus tard, en 1980, quand j’ai décidé de créer la marque Daniel Jouvance, j’ai souhaité faire du plancton le principe premier de mes produits. Pour ce faire, j’ai cherché à mieux connaître le milieu marin. C'est à cette même époque que j'ai créé le Comité scientifique Daniel Jouvance, regroupant d'éminents professeurs et chercheurs dans des domaines aussi variés que la dermatologie, la biologie, la chimie, la biotechnologie,
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Poursuivez le voyage avec Daniel Jouvance sur le site lebonheurestunartsubtil.com
en découvrant les vidéos des expéditions scientifiques, les chercheurs qui l’entourent et toute l’actualité du livre. |
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